Si vous êtes un amateur de sports comme moi — que ce soit le baseball, le basketball, le football, le hockey, le golf ou les Jeux olympiques —, vous êtes probablement émerveillés par les capacités phénoménales des athlètes. Vous vous demandez comment ils peuvent offrir une performance si élevée jour après jour.

Ces talentueux athlètes font ce dont nous, simples mortels, ne pouvons que rêver. D’où viennent ces capacités extraordinaires? Leur excellence est-elle génétique?

Et qu’en est-il de l’excellence en affaires? Les entrepreneurs prospères possèdent-ils le gène des affaires? Nous avons souvent l’impression que tout ce qu’ils touchent se change en or. Ou n’est-ce qu’une question de talent?

Nos plus grands athlètes peuvent nous aider à répondre à cette question. En fait, Wayne Gretzky, surnommé la Merveille, qui a cumulé une quantité incomparable de distinctions honorifiques et de records de buteur, a déjà dit que la nature ne lui avait pas fait don d’une taille et d’une vitesse exceptionnelles.

Gretzky s’est exercé tous les jours de son enfance sur la patinoire de son arrière-cour de Brantford pour affiner ses habiletés. Il est reconnu pour avoir dit que le plus grand compliment qu’on pouvait lui faire était de lui dire qu’il travaillait dur tous les jours, qu’il n’était pas paresseux. C’est le secret de sa réussite. Toutefois, rien n’est jamais aussi simple.

Depuis toujours, on se demande si la réussite est une question de talent ou de travail. Le travail acharné peut-il mener à l’excellence?

Des études suggèrent que, toutes choses égales, les personnes dotées d’un talent naturel réussissent mieux dans la vie que les autres. Elles partent sans aucun doute avec une longueur d’avance. Mais qu’en est-il du travailleur acharné?

Des études suggèrent aussi que l’entraînement et l’effort réduisent l’écart entre les individus talentueux et les moins talentueux. Donc, le talent aide, mais le travail acharné vous permet de vous mesurer aux gens talentueux.

Une recherche du psychologue Anders Ericsson — souvent cité par l’auteur Malcolm Gladwell dans son ouvrage « Outliers » — suggère qu’il faut environ 10 000 heures d’entraînement pour devenir un expert de classe mondiale dans un domaine. Gladwell utilise les Beatles comme exemple, mais cette règle des 10 000 heures ne s’applique pas qu’aux artistes et aux athlètes, mais aussi aux gens d’affaires et à la vie en général. Bien que les conclusions d’Ericsson aient été contestées, peu nombreux sont ceux qui peuvent remettre en question le fait que l’entraînement permet de se perfectionner.
Un autre facteur important est que certaines personnes dotées d’un talent brut tendent à se reposer sur leurs lauriers. Combien de fois avez-vous vu une personne naturellement talentueuse penser qu’elle peut se la couler douce en raison de ses capacités innées et de ses premiers succès? Ce type de personne ne travaille pas à se perfectionner. Il lui manque l’assiduité.

Ce n’est pas le cas du travailleur acharné qui obtient ses résultats purement à force de volonté ou en se perfectionnant pour devenir meilleur, mieux informé et plus efficace que ses pairs.

De mon point de vue, travailler fort est encore plus important que travailler en équipe. Comme Michael Jordan, légende de la NBA, l’a déjà dit, le talent permet de gagner une fois, mais, à long terme, il faut travailler pour réussir. « Le talent permet de gagner des matchs, mais le travail d’équipe et l’intelligence permettent de remporter des championnats. »

Le travail acharné ne peut pas rendre le talent moins utile, mais le talent devient moins utile lorsqu’il n’est pas perfectionné par le travail acharné et assidu. En définitive, la réponse pourrait se trouver dans une autre maxime sportive qui veut que le travail acharné fasse mieux que le talent sans travail.

hardwork_race

Je crois que le travail acharné est un comportement appris. J’ai observé les avantages du travail chez mon père et mon grand-père, qui m’ont, sans le savoir, transmis ce que je considère comme mon plus grand atout. Des innombrables livres sur les affaires et l’épanouissement personnel qui existent aujourd’hui, aucune n’enseigne efficacement la valeur du travail. Pourtant, créer un environnement où la mobilisation et le travail sont récompensés est salutaire.

Nous en avons eu un excellent exemple lorsque l’équipe de Leicester a remporté le championnat de la Premier League de soccer en Angleterre. Cette équipe avait une chance de gagner sur 5 000 et avait presque perdu sa place dans la ligue un an auparavant. Elle ne comptait aucun joueur connu. La raison de son succès était donc évidente. Ses joueurs travaillaient simplement plus fort que leurs adversaires. Cette volonté de travailler est devenue contagieuse dans l’équipe, et cette dernière a pris du galon. À mon avis, le travail est un comportement appris et un trait de caractère qui détermine la réussite.
J’aime observer les gens. Je vous mets au défi d’observer vos collègues et de déterminer à quel camp ils appartiennent : les talentueux ou les travailleurs acharnés. Les personnes sur lesquelles vous comptez le plus sont-elles talentueuses ou travaillantes? Si vous ne vous fiez qu’aux personnes talentueuses, pensez à ce que Michael Jordan a dit et demandez-vous : cherchez-vous à gagner un seul match ou à remporter le championnat?